Pourquoi les gnomes n'écrasent pas les grenouilles avec leurs petits pieds ...

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05 mars 2006

Sonnet pour elle

J'attendais, j'avais peur, dans cette obscurité.
Mon coeur encore frais ne put alors comprendre
Quels chemins inconnus, quels sinueux méandres
Me mèneraient soudain vers la réalité.

Je me sentais partir, tout allait s'arrêter.
Aussi je m'aggripais, ne voulant point descendre.
Peu à peu je glissais, sentant mon nid se fendre.
Mon milieu protégé, je me vis le quitter.

Dans ce monde sans eau, je lutte contre l'air,
Contre le froid, le vent, contre cet univers.
Qu'adviendra-t-il de moi en ce lieu des tourments ?

Puis, soudain, tout changea, mes craintes, mes effrois,
Tout partit, s'envola, quand je fus dans ses bras
Car le monde m'avait offert une maman.

LD 1996.

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13 novembre 2005

Les Ronds de Manon

manon

Les ronds de Manon

Je m’en vais conter l’histoire
D’une pauvre fille sans gloire
Qui n’avait d’attributs féminins
Que dans la courbe des reins

Car entre ses épaulettes
Ce petit torse de filette
Faisait rire à l’unisson
Pauvre petite Manon !

Manon travaillait au marché
Elle vendait des fruits sucrés
Et tous les garçons du village
S’amusaient de chapardages

“Mais où sont donc mes melons ?”
Criait Manon
“Mais où sont donc mes melons ?”
Grand fou-rires des garçons !

Puis Manon fut renvoyée
Et employée chez l’boulanger
Mais toujours aussi mauvais,
Les garçons la poursuivaient

“Mais où sont passées mes miches ?”
Pleurait la pauvre petite biche
“Mais où sont passées mes miches ?”
Les garçons en étaient bien chiche !

Puis plus tard vint avec l’age
Un peu plus de rembourrage
Et de tout le petit village
Manon eut le plus beau corsage

Les garçons prenaient des allures princières
Pour lui faire la cour avec manières
Mais la belle était très fière
Et par dessus tout très rancunière

Elle épousa un riche marchand
Parrée de beaux bijoux et vêtements
Elle pavanait en chantonnant aux polissons :
“Vous n’aurez plus mes miches et mes melons”

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09 novembre 2005

Mon monde à moi

monde

Viens voir, dans mon monde à moi
Viens voir ce qu't'y trouvera
Une cuillère de bonheur
Des montagnes de douceur
Quelques gouttes de fantaisie
De l'amour, de la magie
Y a tout ça, dans mon monde à moi

Puis, tu sais, dans mon monde à moi
Y a des fleurs qui poussent
Partout autour de nous
Qui sentent encore meilleur
Que le creux de mon cou
Dans mon monde à moi
Y a que des bonnes odeurs

Tu vois, dans mon monde à moi
Y a de la douceur et des fées
Du choco, des tartines beurrés
Du miel qui dégouline
Partout sur les colines
J'm'y roule avec mes copines
C'est com' ça dans mon monde à moi

Tu le sais, dans mon monde à moi
On vit sur des nuages
Et on n'est pas vraiment sage
On se fait des calins
En s'jurant jusqu'au matin
Les yeux pleins d'étincelles
Une amitié éternelle

Dans mon monde à moi
Y a d'la place pour tout le monde
Y a de la place pour les bleus
Y a de la place pour les blondes
La porte s'ouvre plus souvent
Qu'celle de mon four micro-onde
Y a d'la place, dans mon monde à moi

Puis dans mon monde à moi
On est là quand ça va pas
Juste au creux de mes bras
Jusque au fond de mon coeur
On pleure tous ses malheurs
Car dans mon monde à moi
Y a d'la place pour ta douleur
...

Mais tu vois, dans mon monde à moi
Y a des choses qui s'font pas
Y a des choses qui s'disent pas
C'est pas vraiment des lois
C'est plutôt des émois
Mais dans mon monde à moi,
Y a des choses qui s'font pas

...

Tu sais, dans mon monde à moi
T'aurais pu être bien
Te faire plein de copains
T'aurais pu être heureux
On aurait tous pu s'aimer
Pour des éternités
Dans mon monde à moi

Mais, dans mon monde à moi
Y a des choses qui s'font pas
Tu vois la porte .. Elle est là
Dans mon monde à moi
Y a des choses qui s'font pas
Alors tant pis pour toi
Tu vois la porte ? ben prends là !!

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30 octobre 2005

Les Gourmandises

gourmandises1

Gourmande gourgandine je goûte goulûment ces gouleyantes gourmandises

Quant le froid se fait crème je crie exquise !
Sur tous parfums j'ai la mainmise
Au fond du cornet le divin liquide s'enlise
Et quand j'en croque la fin de colère je frise !

Gourmande gourgandine je goûte goulûment ces gouleyantes gourmandises

Bonbons si surs, les papilles se contredisent
Fraise, banane et puis surtout, surtout cerise !
Même si la langue me dit : temporise
Ma main reprend toujours une autre friandise

Gourmande gourgandine je goûte goulûment ces gouleyantes gourmandises

Gâteau de fête, prévisible surprise
Mais le choco moelleux ma faim attise
Et quand les autres convives médisent
A la barbe de tous, la dernière part je subtilise !

Gourmande gourgandine je goûte goulûment ces gouleyantes gourmandises

Des sucreries je suis Marquise
Je lèche, je suce, avec le Diable je pactise !
Mais de tous ces péchés de gourmandise
C'est la saveur de ta peau qui le plus m'électrise !

Gourgandine ! Gourmande je goûte goulûment tes gouleyantes gourmandises



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23 octobre 2005

L'Ode au Rha

odorat

Mon ami … ne me touche pas, ne me goûte pas
Mon ami … ne me vois pas, ne m’écoute pas

Mais as-tu déjà vécu les chemins de campagne ?

Quand le vent t’emporte dans l’air si frais
Des arbres, des fleurs et du gazon coupé
Mon ami, ce matin, as-tu senti ta compagne ?

Mon ami … ne me touche pas, ne me goûte pas
Mon ami … ne me vois pas, ne m’écoute pas

Mais as-tu déjà vécu la traversée du fleuve ?
Quand le courant te brasse dans l’air si vivifiant
Le café torréfié, les charbons, les péniches les transportant
Mon ami, ce matin, as-tu senti la ville neuve ?

Mon ami … ne me touche pas, ne me goûte pas
Mon ami … ne me vois pas, ne m’écoute pas

Mais as-tu déjà vécu la cuisine de grand-mère ?
Quand les fumées t’emportent dans l’air si moelleux
Des confitures, des épices et des pots-au-feu
Mon ami, ce matin, as-tu senti tes pairs ?

Mon ami … ne me touche pas, ne me goûte pas
Mon ami … ne me vois pas, ne m’écoute pas

Mais, mon ami as-tu déjà bercé un nouveau-né ?
Quand la brise qui secoue les rideaux t’emporte si haut
Les odeurs de l’amour comme du miel, de la lavande et du lait chaud
Mon ami, je te le crie, on ne peut vivre qu’avec son nez !

L.D. 2004
Ode à l’odorat, de mes 5 sens toujours mon préféré

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Hommage à une grande dame, Sonnet

fleur

Inclinant vers la cour sa couronne éphémère,
Belle reine d'un jour trônant sur ce château,
Ses sujets, ignorants, n'ôtent point leurs chapeaux
Devant cette lady, comme il convient de faire.

A ses premiers instants, c'était au matin d'hier,
Ils avaient négligé sa venue d'ici haut.
Un romantique ému, si galant damoiseau,
La remarqua pourtant, lui offrant quelques vers.

Du haut de votre tour, vous nous jugez, Madame.
Vous connaissez ce lieu et tout ce qui s'y trame,
Le vent vous rapportant tous nos moindres murmures.

En ce sombre palais, il n'est point de miroir
Pour dévoiler aux gens combien leur coeur est noir ;
Il n'est que vos couleurs, petite fleur au mur.

Poeme écrit en 1996, j'avais 16 ans (l'époque de mes "sonnets")

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16 octobre 2005

Cousin

cousin

Lueur sur le palier
Ouvre toi Ô Sésame
Je grimpe les escaliers
Au son des tam-tams

Et dans tout le couloir
Je me nourris de parfum
Ferme les yeux, dans le noir
La cuisine de l’africain

Et dans ces effluves épicées
Je revois mon continent perdu
Et dans ces senteurs du passé
Quelque chose m’en est rendu

Le riz qui cuit et le manioc
Les fruits, les maracudja
Le vieux marché où tout se troque
Oui, je connais déjà

Je ne me souviens de rien
Mais lui il n’a pas oublié
Tout mon passé africain
Reste gravé dans mon nez

Tu ne le sais pas, on ne s’est jamais parlé
Mon voisin, mon cousin, je ne te le dis pas
Que tu partages ta culture et mes moments retrouvés
Rien qu’avec les parfums qui sortent de ta casbah

Je suis restée plantée devant chez mon voisin
J’ouvre les yeux et me rend compte que j’ai faim
Et ma porte se ferme sur les ombres de mon destin
Et on recommencera demain le festin …

L.D. 2004

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Mon somnifère

somnifere1

Quand tout s'écroule
Mes larmes s'éboulent
Mon corps en boule
Mes nerfs s'enroulent

Les noeuds se resserent
Dans ma tête, sévère
J'les y enterre
Sous quelques verres

Rien ne s'efface
Tout se resasse
Et sur ma face
On voit les traces

J'peux plus rien cacher
J'peux plus macher
J'peux plus marcher
Je peux même plus m'facher

Morphée l'abandonne
Cette tête qui raisonne
J'peux en parler à personne
D'ces mots qui y résonnent

Mais il finit ma route
En mode "reboot"
Lui il les écoute
Mes tacites doutes

Lui c'est mon seul repère
C'est mon somnifère
Et quand ma tête, enfin, quitte la terre
Il embrasse mes paupières.

L.D. 2004

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12 octobre 2005

J'aurais voulu te rencontrer avant ...

enfants

J'aurais voulu te rencontrer avant
Pour vivre avec toi autrement
J'aurais voulu te rencontrer avant
Avant la vie et les sentiments

J'aurais pu te rencontrer il y a un an
Nous aurions été ennemis assurément
Ton besoin de taquiner à tous vents
Mon mal être à ce moment
Je n'aurais pas voulu te rencontrer il y a un an

J'aurais voulu te rencontrer avant
Avant la vie et les sentiments

J'aurais pu te rencontrer il y a cinq ans
Nous aurions peut-être été amants
Mais ça n'aurait pas duré longtemps
Ton caractère trop prévenant, le mien indépendant
Je n'aurais pas voulu te rencontrer il y a cinq ans

J'aurais voulu te rencontrer avant
Avant la vie et les sentiments

J'aurais pu te rencontrer il y a dix ans
Nous aurions été amoureux adolescents
Riant de nos futiles baisers insouciants
Nous aurions eu mal, dans notre immaturité d'enfant
Je n'aurais pas voulu te rencontrer il y a dix ans

J'aurais voulu te rencontrer avant
Avant la vie et les sentiments

J'aurais pu te rencontrer il y a quinze ans
Nous aurions été amis, en nous amusant
Courses folles, petits bobos en jouant
Nous nous serions perdus de vue maintenant
Je n'aurais pas voulu te rencontrer il y a quinze ans

J'aurais voulu te rencontrer avant
Avant la vie et les sentiments

J'aurais voulu te rencontrer il y a vingt-trois ans
Juste à la sortie du ventre de maman
Car tu as eu les gestes et les manières
Que seul papa avant toi avait pu faire
Et pour me défendre contre ses colères
J'aurais aimé t'avoir pour frère

J'aurais aimé que tu sois là
Quand les autres s'en prennaient à moi
J'aurais aimé pleurer dans tes bras
Plutôt que de donner mon corps à tout va
... et me construire sans toi

Tu es le frère que je n'ai jamais eu
... et que je n'aurai jamais non plus.

****

Poême écrit en 2003, dédié à mon meilleur ami, que je considère comme un frère.

Posté par Pikmin à 09:28 - Les Powems - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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